Le Journal du Centre17 avril 2026

Pierre Angotti, un invité d’honneur… passionné !

Invité d’honneur du 6e Salon du livre dédicacé et des métiers d’art, Pierre Angotti répond aux questions de Géraldine Phulpin sur son parcours, ses passions et ses livres. De Guérir de la violence à Charles Quint et au Sang de la Calabre, le portrait d’un écrivain curieux, tourné vers les autres et la transmission.

Le Journal du Centre, 17 avril 2026. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

À partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, au palais ducal, l’association Nevers Cité Littéraire s’entoure d’écrivains pour offrir trois jours consacrés aux livres et à la lecture. Pierre Angotti est l’invité d’honneur de ce 6e Salon du livre dédicacé et des métiers d’art. Un écrivain passionné, tourné vers les autres et la transmission.

Les Nivernais adeptes du Salon du livre dédicacé ne peuvent pas avoir oublié son nom : Pierre Angotti. Son ouvrage Charles Quint, entre grandeur et humilité, écrit avec Isabelle de Montgolfier, reçoit le Premier Prix de la cité littéraire de Nevers, en 2024. L’an dernier, c’est son roman Le sang de la Calabre qui décroche ce fameux Premier Prix. À l’occasion du 6e Salon du livre dédicacé et des métiers d’art qui se tient au palais ducal, trois jours durant, d’aujourd’hui à dimanche, Pierre Angotti, président d’honneur, recevra demain matin un nouveau Premier Prix pour son dernier ouvrage, Guérir de la violence, écrit avec son ami Mustapha Benchenane. À bientôt 79 ans, Pierre Angotti peut être fier de son parcours personnel et professionnel. À partir de 1980, il exerce comme consultant dans les domaines de la conception et la réalisation de projets d’entreprise, de la gestion des ressources humaines et du management. C’est à partir de 2008 qu’il souhaite alors partager son expérience de formateur en développement humain. Il écrit plusieurs ouvrages invitant au voyage, à l’aventure, celle de notre propre mutation : Vers le meilleur de soi, Neuf chemins pour un pèlerinage intérieur, S’ouvrir à la joie, Les dieux sont-ils meilleurs que nous ? (entre autres) Depuis 2020, l’auteur s’est orienté vers le roman historique.

Pouvez-vous nous présenter votre dernier ouvrage Guérir de la violence ?

C’est un ouvrage qui est le fruit de cinquante-cinq ans de travail de mon ami Mustapha Benchenane qui a œuvré pour le rapprochement des peuples, des cultures, des religions. Beaucoup de gens me disent “c’est un ouvrage d’actualité”. Oui, mais j’ai envie de répondre que c’est un ouvrage de tous les temps. Nous l’avons écrit à quatre mains. J’avais été sollicité par un éditeur qui voulait que j’explore la violence dans les relations entre les états. J’ai tout de suite pensé à Mustapha pour participer à la rédaction de cet ouvrage.

Peut-on parler d’un essai ?

Oui, c’est un essai. Mais nous sommes avant tout des pédagogues, nous écrivons simplement. Moi, en 2008, j’ai décidé d’écrire sur les passions humaines, passions au sens du grec ancien “pathero” qui signifie souffrir. La colère fait souffrir, le mensonge fait souffrir, l’orgueil fait souffrir, etc. Des auteurs comme Cicéron, Descartes ou encore Spinoza ont écrit sur les passions. Moi, je voulais un écrit plus d’actualité, plus contemporain. Pour mon livre S’ouvrir à la joie, j’ai recueilli des centaines de témoignages et ce, en dix ans. Je dirais, en toute humilité, que je suis quelqu’un qui a besoin d’approfondir un sujet et de le transmettre de manière vivante et pédagogique.

« Je suis curieux ! »

Aujourd’hui vous écrivez surtout des romans historiques.

Vous avez raison, à la fois historiques et biographiques. Avec mon amie Isabelle de Montgolfier (qui sera présente au Salon de Nevers demain), nous avons eu la chance d’être lauréats de deux prix pour Charles Quint, entre grandeur et humilité. Je me suis toujours intéressé à deux notions : le valoir et l’avoir. Ce sont deux problématiques humaines (la vanité et l’avarice). Je n’avais pas travaillé sur le pouvoir. En 2020, j’étais en colère contre Xi Jinping et Poutine qui avaient changé les institutions pour l’un, pouvoir être élu à vie et l’autre, jusqu’en 2036. Avec Isabelle, nous avons écrit pour montrer aux dirigeants que renoncer était possible. Charles Quint est un peu un exemple : il a abandonné le pouvoir et l’avoir pour se retirer dans un monastère.

Quelques mots sur votre roman Le sang de la Calabre ?

Je souhaitais laisser une trace pour ceux qui seront là après nous. Je suis très attaché à mes racines. Mes ancêtres ont quitté la Calabre en 1888. Grâce à ce travail d’écriture, j’ai pu remonter jusqu’en 1783. Je ne savais rien de l’histoire de l’Italie du sud qui a été violentée. En 1888, ma famille quitte l’Italie pour la Tunisie. Et là, je viens d’envoyer à mon éditeur un nouveau roman, Tunisie, une terre d’espérance. C’est l’histoire de mon grand-père et de mon père. Là, je découvre combien la colonisation française a fait du mal à la Tunisie. Le 26 décembre 1956, j’ai encore des scènes terribles dans les yeux quand nous quittons la Tunisie, ma terre natale. J’ai des frissons quand j’en parle ! Je suis quelqu’un de sensible.

Quel serait votre auteur préféré ?

J’ai beaucoup d’admiration pour des auteurs comme Descartes, Spinoza et Kant, surtout. Il faut retenir un seul propos d’un auteur. Disons que je suis quelqu’un de curieux, avec une grande gourmandise intellectuelle ! Et je ne me prends surtout pas au sérieux en tout cas !

Pratique

Le Salon du livre et des métiers d’art est organisé par l’association Nevers Cité Littéraire, présidée par Chantal Milcent. Cette 6e édition aura lieu à partir d’aujourd’hui jusqu’à dimanche, à Nevers, en partenariat avec le Groupement des Médecins-écrivains (GEM), présidé par Roland Noël, et la Ville de Nevers. Le public pourra rencontrer les auteurs (48) et exposants et faire dédicacer des livres de 10 heures à 18 heures, samedi et dimanche, salle Mazarin et Henriette-de-Clèves, au palais ducal. La cérémonie des “Prix” Roman et jeunesse aura lieu demain, à 10 h 30, salle Henriette-de-Clèves. Entrée libre.

Légende de la photo : Pierre Angotti, invité d’honneur, recevra une nouvelle fois un Premier Prix pour Guérir de la violence

Source : Le Journal du Centre, 17 avril 2026, par Géraldine Phulpin. Photo : Thierry Hage.

Pour continuer

À lire aussi

Retour à l’accueilToutes les actualités